Les bienfaits de l’équithérapie
Enfants, adolescents et adultes en situation de handicap
À l’association Ôtrement, nous proposons l’équithérapie comme un espace de soin où la relation avec le cheval soutient le travail du corps, des émotions et des capacités cognitives. Notre objectif est de permettre à chaque personne de participer, de faire des choix et de mobiliser ses ressources, à son rythme. Le projet se construit avec elle et avec les professionnels qui l’accompagnent.

Une approche psychocorporelle
L’équithérapie met en relation la personne, le cheval et l’équithérapeute dans un cadre thérapeutique. Une sensation corporelle, une émotion et une action peuvent être travaillées ensemble : ressentir une tension, demander une pause, puis reprendre une activité accessible. Le cheval est un partenaire vivant ; ses réactions doivent être comprises à partir de son comportement, sans lui attribuer la capacité de diagnostiquer ou de lire les émotions.
Bouger avec un objectif et une activité adaptée
Brosser, atteindre une zone du corps du cheval, manipuler une brosse, se déplacer ou participer depuis un fauteuil peuvent solliciter la coordination, la motricité fine, les repères corporels et l’engagement dans l’action. Nous ajustons le geste, le matériel, les appuis et les pauses aux possibilités de la personne. L’activité physique est un moyen au service du soin, sans recherche de performance. Elle ne remplace pas une rééducation ni un programme spécifique d’activité physique adaptée lorsqu’ils sont nécessaires.
Attention, sériation et mémorisation
L’environnement du cheval donne du sens aux exercices cognitifs. Choisir la brosse adaptée sollicite l’attention et la discrimination ; ranger des objets par taille travaille la sériation, c’est-à-dire leur mise en ordre selon un critère ; retrouver les étapes d’un soin mobilise la concentration, la mémorisation et le séquençage. Préparer une action puis la réaliser peut soutenir la planification.
Nous proposons une consigne à la fois, des objets concrets, des pictogrammes ou des répétitions espacées selon les besoins. Il s’agit de fonctions à mobiliser et à observer, sans présumer qu’un exercice entraînera une amélioration durable dans tous les contextes.
Éprouver sa capacité à agir
Choisir de s’approcher, participer à un soin, demander de l’aide ou dire « stop » sont des expériences qui peuvent soutenir la confiance et l’expression de soi. Le contact avec le cheval reste proposé, jamais imposé. Observer à distance peut déjà constituer une participation pertinente.
Des besoins différents selon les situations de handicap
Un diagnostic ne suffit pas à définir une séance. Deux personnes présentant le même handicap peuvent avoir des capacités, des goûts, des modes de communication et des besoins très différents. Les exemples suivants sont des pistes de travail à individualiser, et non des bénéfices garantis pour une catégorie de personnes.
Handicap moteur
Les priorités peuvent concerner l’accessibilité, la fatigue, la douleur, la possibilité de réaliser un geste choisi et le vécu du corps. À pied ou depuis un fauteuil, nous pouvons proposer un brossage à hauteur accessible, une manipulation adaptée ou une activité réalisée avec une aide graduée. La personne peut ainsi explorer ses possibilités, retrouver une initiative et participer à une relation qui ne se réduit pas à ses limitations.
Lorsque l’objectif principal est la rééducation de l’équilibre, du contrôle postural ou de fonctions motrices par le mouvement du cheval, il relève de l’hippothérapie et du professionnel de rééducation. Un essai chez des enfants présentant une paralysie cérébrale a montré des améliorations de la motricité globale et de l’équilibre dans un protocole précis ; ce résultat ne se transpose pas automatiquement à tous les handicaps moteurs ni aux séances à pied.
Polyhandicap
Nous accordons une place centrale au confort, à la qualité de présence et aux possibilités d’expression, parfois très discrètes. Une orientation du regard, une variation du tonus, un mouvement ou une vocalisation peuvent donner des indications, à interpréter avec les accompagnants qui connaissent la personne. L’absence de langage oral ne signifie pas l’absence de choix.
Une rencontre brève, une découverte tactile accompagnée ou une activité depuis une installation habituelle peuvent être proposées. Nous limitons les stimulations simultanées et observons les signes de fatigue, de douleur ou de retrait. L’enjeu peut être de soutenir une participation, une communication ou un moment de confort partagé. Tout transfert ou positionnement particulier nécessite une évaluation et les moyens humains et matériels adaptés.
Déficience intellectuelle et trisomie 21
Les besoins peuvent porter sur la compréhension, le temps de traitement de l’information, les repères et l’autonomie. Des consignes courtes, une démonstration, des supports visuels et des étapes répétées facilitent l’accès à l’activité. Choisir un outil, suivre deux étapes successives ou retrouver un objet sont des objectifs concrets.
Pour une personne avec une trisomie 21, nous tenons également compte de son profil moteur, de ses éventuelles particularités sensorielles et des recommandations de son équipe de soins. Nous valorisons les acquis et l’initiative sans infantiliser les adolescents ou les adultes. La trisomie 21 ne détermine pas à elle seule le niveau de compréhension ou le programme proposé.
Rendre la relation accessible à chacun
Cécité et déficience visuelle
Les besoins concernent notamment l’orientation, l’anticipation de ce qui va se passer et l’accès aux informations habituellement visuelles. Nous décrivons le lieu, les distances, la position du cheval et les gestes proposés. Une exploration tactile est guidée avec l’accord de la personne ; les repères sonores ou tactiles sont choisis avec elle.
La séance peut viser la confiance dans un environnement nouveau, la représentation du corps du cheval, la coordination d’un geste ou l’expression d’un choix. Le toucher n’est pas supposé compenser spontanément la vision. L’accompagnement des déplacements et les consignes de sécurité restent explicites.
Surdité et déficience auditive
Nous identifions d’abord le mode de communication préféré : langue des signes, parole, lecture labiale, écrit, images ou combinaison de moyens. Les explications sont données dans une position où elles sont accessibles, avant d’engager une action avec le cheval. Les signaux d’arrêt sont convenus et testés.
Les gestes, les distances et les déplacements du cheval offrent un support d’observation et d’échange. La séance peut soutenir la participation, la coopération et l’assurance dans l’action. Elle ne vise pas à restaurer l’audition. Si une interprétation en langue des signes est nécessaire, son organisation fait partie du projet.
Autisme et particularités sensorielles
La prévisibilité, la compréhension des transitions et le respect du profil sensoriel peuvent être déterminants. Nous pouvons utiliser un déroulé visuel, des rituels stables, un nombre limité de consignes et un espace de retrait. Les odeurs, les sons ou le contact avec le cheval peuvent être agréables pour certains et difficiles pour d’autres.
Les objectifs peuvent être de demander une pause, partager une activité, attendre avec un appui adapté ou communiquer une préférence. Nous ne recherchons ni un contact visuel forcé ni une normalisation des comportements. Un essai d’équitation thérapeutique chez des jeunes autistes a observé des améliorations de certains indicateurs de régulation et de communication. Il s’agissait d’un programme comportant de la monte : il ne démontre pas à lui seul l’efficacité de toute forme d’équithérapie, notamment à pied.
Handicap psychique et difficultés cognitives associées
Pour certaines personnes, l’enjeu est de retrouver un cadre suffisamment sécurisant pour entrer en relation, soutenir l’attention ou éprouver une capacité à agir. Une activité concrète et graduée peut servir de support au travail sur l’anxiété, les émotions ou l’engagement. Nous ajustons les demandes à l’état du jour et travaillons en complément des suivis existants. Une réaction inhabituelle du cheval n’est jamais interprétée comme une vérité sur la personne.
Construire une prise en charge avec votre structure
Des objectifs adaptés à l’âge et au projet de vie
Chez l’enfant, le jeu, l’exploration et les repères soutiennent l’engagement. À l’adolescence, nous accordons une attention particulière au choix, à l’image de soi et à la place dans le groupe. Chez l’adulte, les activités respectent les intérêts, la dignité et les priorités de vie. À tout âge, le projet peut viser un nouvel apprentissage, le maintien d’une capacité ou une meilleure qualité de participation.
Une préparation commune
Avant l’accueil, nous échangeons avec la personne, sa famille lorsque cela est pertinent, et les professionnels de la structure. Nous précisons les objectifs, les moyens de communication, les besoins d’accessibilité, les aides humaines, les points de vigilance et les conditions de transport. Les recommandations médicales nécessaires sont recherchées avec l’équipe de soins ; les informations partagées restent limitées à ce qui est utile à l’accompagnement. Le format individuel ou en petit groupe, la durée et la fréquence sont définis selon les besoins. Dans les Pyrénées-Atlantiques, nos séances d’équithérapie peuvent se construire autour d’activités à pied, sans obligation de monter à cheval. Les projets d’hippothérapie suivent un cadre distinct, avec le professionnel de rééducation et un dispositif adapté.
Observer les effets et réajuster
Nous choisissons quelques indicateurs concrets : exprimer un choix, demander une pause, réaliser une étape avec moins d’aide, rester engagé sans inconfort ou participer à un échange. Les bilans prennent en compte le ressenti de la personne et les observations de la structure. Un progrès en séance ne signifie pas automatiquement un transfert au quotidien : ce lien se travaille avec l’équipe.
Les effets varient selon les personnes, les objectifs et les modalités. Les exemples décrits dans cet article sont des pistes cliniques et pédagogiques ; les preuves de bénéfice restent inégales selon les publics, notamment pour le polyhandicap et les déficiences sensorielles. L’équithérapie complète les accompagnements existants. Le respect du cheval, de ses besoins et de ses temps de repos fait également partie du cadre.
Rencontrons-nous pour envisager un projet
Vous accompagnez des enfants, des adolescents ou des adultes en situation de handicap ? Nous vous proposons une rencontre pour échanger sur leurs besoins et construire des actions spécifiquement adaptées à votre structure.
Contactez l’association Ôtrement au 07 81 67 70 87 ou à otrement.asso@gmail.com.
Découvrez nos propositions sur www.asso-otrement.com.
Repères documentaires
[1] IFCE, Médiation équine au sens large : définitions, équipédia. [2] IFCE / Institut du Droit Équin, État des lieux des pratiques de médiation équine en France, 2022. Documents consultés le 14 octobre 2026 sur equipedia.ifce.fr. [3] Kwon JY et al., 2015. Effect of hippotherapy on gross motor function in children with cerebral palsy: a randomized controlled trial. DOI : 10.1089/acm.2014.0021. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25551626/ [4] Gabriels RL et al., 2015. Randomized Controlled Trial of Therapeutic Horseback Riding in Children and Adolescents With Autism Spectrum Disorder. DOI : 10.1016/j.jaac.2015.04.007. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26088658/




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